8e jour de grève générale illimitée – Appel à la négociation des chargé-es de cours de l’UdeM

MONTRÉAL, le 4 mars /CNW Telbec/ – L’offre du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université de Montréal (SCCCUM-FNEEQ-CSN), faite à la partie patronale, d’ajouter des journées de négociation d’ici le 8 mars semble être tombée à l’eau. Les chargé-es de cours, qui en sont aujourd’hui à leur 8e journée de grève générale illimitée, n’entendent pas baisser les bras malgré l’absence d’interlocuteurs. Ces derniers sont partis en grand nombre sur les plages du Sud, en cette semaine de relâche.

Décidés à obtenir des séances supplémentaires de négociation le plus rapidement possible, ils se mettront au diapason des négociateurs de l’Université, de 11 à 14 heures aujourd’hui, en organisant un beach party devant le 3200, rue Jean-Brillant. Ils souhaitent ainsi dénoncer l’incongruité de la situation.

Les chargé-es de cours essayeront malgré tout de créer une ambiance, sinon festive, du moins divertissante, sur le thème « Nous ne sommes pas en vacances. Nous voulons négocier ! » Vingt rencontres ont eu lieu jusqu’à maintenant, dont six en présence d’un conciliateur. La dernière remonte au 23 février.

Le syndicat voulait négocier dès juin 2009

L’équipe syndicale était prête à déposer ses demandes normatives dès le début de juin 2009 mais l’Université, dans un geste inhabituel, avait refusé de négocier tant que les demandes pécuniaires ne seraient pas connues, ce qui fut fait le 28 septembre.

Quant au syndicat, il a dû attendre au 8 février dernier pour obtenir un dépôt complet de l’administration, qui ne contient aucune réponse favorable aux principales demandes syndicales. Celles-ci concernent :

– la taille des groupes-cours qui croît sans cesse, ce qui a une incidence sur la qualité de la relation pédagogique tout en augmentant considérablement la tâche des enseignants ;
– le rattrapage salarial puisque leur rémunération est inférieure à celle des chargé-es de cours des autres universités québécoises ;
– l’accès au travail en attribuant deux cours, au premier tour, aux personnes en simple emploi, ce qui offre un meilleur soutien à la catégorie la plus précaire ;
– un meilleur accès à la prime de départ à la retraite puisque, actuellement, une personne chargée de cours qui donne trois cours par année devrait enseigner pendant 42 ans avant d’y avoir droit.

Irritants majeurs

Les demandes patronales remettent également en cause les libérations syndicales et l’ancienneté, ce que le SCCCUM-FNEEQ-CSN ne peut évidemment pas accepter. Ce dernier refuse aussi que l’Université fasse marche arrière et ne reconnaisse plus comme des enseignants les accompagnateurs et coachs de la Faculté de musique. Cela aurait pour conséquence de leur faire perdre les avantages dont les chargés de cours disposent (entre autres, intégration et perfectionnement).

L’annulation de la moitié des points au premier désistement et la mise à pied au deuxième désistement, puis la diminution de l’offre de cours aux syndiqué-es du SCCCUM en retirant la limite du nombre de cours donnés par les professeurs retraités, ainsi que l’augmentation de la durée de la période d’essai (probation) de 3 à 6 cours font également partie des irritants majeurs.

Les 2433 chargé-es de cours de l’Université de Montréal donnent 50 % des cours au premier cycle (à l’exclusion de la médecine), mais leur salaire ne représente même pas 5 % de la masse salariale de l’institution. Ils sont sans contrat de travail depuis six mois.

Rappelons que l’Université ne s’est pas gênée pour accorder l’automne dernier une augmentation rétroactive de 2,5 millions de dollars à ses hauts dirigeants.

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