Briseurs de grève au Journal de Montréal

Après le Journal de Québec, la Commission des relations du travail (CRT) constate que le Journal de Montréal enfreint lui aussi les dispositions anti briseurs de grève du Code du travail en utilisant les services d’un collaborateur pour faire le travail des journalistes en lock-out depuis le 24 janvier dernier.

La CRT ordonne donc au Journal de Montréal de ne plus utiliser de collaborateurs externes ou spécialisés pour réaliser des entrevues, un travail réservé aux journalistes syndiqués.

Dans sa décision rendue aujourd’hui, le commissaire André Bussières accueille en partie la plainte déposée en mars dernier par le Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM-CSN).

Le cas de l’Agence QMI en suspend

Quant aux autres cas soumis par le syndicat, le commissaire conclut qu’il y a peut-être des violations potentielles de la convention collective, mais que la preuve qui lui a été soumise ne lui permet pas de constater des infractions aux dispositions anti briseurs de grève du Code du travail.

Le syndicat entend donc poursuivre ses efforts et ses démarches afin de prouver que Quebecor continue de publier le Journal de Montréal en utilisant des stratagèmes illégaux.

Rappelons que la Commission a blâmé l’an dernier le Journal de Québec pour avoir utilisé des briseurs de grève. Ce dernier commandait directement à des agences la couverture d’événements. Dans le cas du Journal de Montréal, on utilise des textes en provenance de médias de l’empire Quebecorpar l’intermédiaire de l’agence mise sur pied par cette dernière, l’Agence QMI.

Pour la Commission, la preuve n’a pas été faite que le Journal de Montréal commande la couverture d’événements à l’Agence QMI ou à d’autres médias de Quebecor.

« Quebecor a peaufiné sa tactique et a réussi à contourner la loi, affirme Raynald Leblanc, le président du STIJM-CSN. Mais nous ne sommes pas dupes. Au contraire, nous avons bien l’intention de démontrer qu’il y a du blanchiment de matériel journalistique.

Une vingtaine de cadres ne peuvent remplacer une centaine d’employés de rédaction en lock-out qui cumulent plus de 2000 années d’expérience au Journal, et ce, même si les cadres se vantent d’avoir 300 années d’ancienneté », a ajouté M. Leblanc.

Dans son jugement, le commissaire Bussières souligne que le syndicat a aussi déposé un grief, qui a déjà été entendu par un arbitre, concernant l’utilisation des textes et des photos de l’Agence QMI. Une décision est attendue d’ici peu. Selon le STIJM-CSN, l’utilisation de textes et de photos provenant de l’agence QMI créée par Quebecor à l’occasion de ce conflit contrevient en effet aux dispositions de la convention collective.

Cet été, les lock-outés du Journal de Montréal multiplient en outre les actions pour sensibiliser le public à leur conflit. Ils demandent à la population de cesser de lire le quotidien de la rue Frontenac pour exercer une pression économique sur cet empire des communications. Jusqu’à maintenant, toutes les demandes du syndicat pour reprendre les négociations ont été rejetées par Quebecor.

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