Conditions de travail des correcteurs et correctrices : enquête et premiers résultats

Une enquête sur nos conditions de travail.
Le SÉtuE a lancé une vaste enquête sur les conditions de travail qui se cachent derrière les contrats de correction. En effet, un grand nombre de correctrices et correcteurs nous font régulièrement part du fait qu’elles et ils dépassent largement les heures de correction prévues à leur contrat. Plusieurs raisons à cela : les contrats sont régulièrement sous-évalués, le/la superviseur-e (prof-e ou chargé-e de cours) refuse de terminer les corrections une fois les heures terminées, ou encore les correctrices et correcteurs n’osent pas demander une prolongation (souvent en s’accusant, à tort, d’être trop lent-es). Ainsi, le SÉtuE s’inquiète particulièrement du nombre d’heures effectuées bénévolement par ses membres.

Premiers résultats inquiétants
Il ressort des questionnaires qui nous sont déjà parvenus, que la plupart des départements définissent les heures attribuées à chaque contrat uniquement en fonction du nombre d’étudiants et d’étudiantes dans le cours, c’est-à-dire sans prendre en compte la charge de correction prévue. Pourtant, la charge de travail peut varier considérablement entre deux groupes-cours (même de taille similaire). Ainsi, dans un cours, il peut y avoir une fiche de lecture à corriger par semaine en plus des deux examens, tandis que dans un autre, il n’y aura que deux examens. D’où l’importance de s’entendre avec le ou la superviseur-e sur une description du travail de correction à faire, en lien avec l’entente d’évaluation du groupe-cours à corriger!

Du travail gratuit
Une conséquence de cette mauvaise attribution des contrats, c’est qu’un grand nombre d’employé-es étudiant-es dépassent largement les heures pour lesquelles ils ou elles sont réellement payé-es (d’après les premiers témoignages reçus, cela va de quelques heures à plus de cinquante!). Or, une fois que nous avons accepté de travailler gratuitement, le syndicat ne peut plus nous défendre, et ces heures sont définitivement perdues.

Prolongation / réévaluation des contrats
Il existe pourtant, dans notre convention collective, l’obligation pour les départements de réévaluer les contrats de correction si ceux-ci ont été sous-évalués. La clause 7.06 précise que c’est de la responsabilité du correcteur ou de la correctrice de demander cette réévaluation, afin de « terminer le travail convenu » (d’où, encore une fois, l’importance de s’être préalablement entendu sur l’ampleur du travail à réaliser avec son superviseur-e). Il suffit alors de remplir le « Formulaire de demande de modification d’un contrat d’emploi », qui se trouve sur le site du SÉtuE, dans chaque département ou encore sur le site des ressources humaines de l’UQAM (www.rhu.uqam.ca). Si votre superviseur-e refuse de prolonger votre contrat (le prétexte le plus couramment utilisé étant que les correcteurs et correctrices seraient trop lent-es), c’est au département de trancher.

Des fonds départementaux insuffisants
Malgré cette obligation, inscrite dans notre convention collective, certains départements refusent ne serait-ce que de considérer les formulaires de prolongation. Leur excuse? Fonds insuffisants. Ce sont en effet les départements qui financent les contrats de correction. Certain-e-s professeur-e-s, toutefois, accordent des prolongations aux contrats de correction, avec leurs propres fonds (fonds de recherche). Si cette pratique, apparemment largement répandue, permet d’assurer un salaire aux correcteurs et correctrices, elle a au moins deux inconvénients majeurs : d’une part, les départements peuvent continuer à prétendre qu’il n’y a pas de problème de sous-financement des contrats de correction et d’autre part, une partie de l’argent dédié à la recherche ne sert finalement pas à financer de la recherche.

Afin d’améliorer et de préciser les résultats de notre enquête, NOUS VOUS INVITONS À REMPLIR NOTRE QUESTIONNAIRE (10 questions) POUR CHAQUE CONTRAT DE CORRECTION FAIT AU COURS DE LA SESSION D’AUTOMNE 2010. Ce questionnaire concerne en effet uniquement les contrats de correction au cours de la session d’automne 2010. Si vous avez eu plusieurs contrats de correction au cours de cette session, vous pouvez choisir de répondre au questionnaire pour un contrat en particulier ou de remplir plusieurs questionnaires (un par contrat), ce qui nous aidera à obtenir des résultats d’enquête plus représentatifs. Le questionnaire est disponible sur la page d’accueil du site du SÉtuE, www.setue.org. N’hésitez pas à nous contacter pour toute information, aide ou soutien!

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