Des logements sociaux, pas des condos !

Dans le projet d’aménagement du quartier des spectacles, Quartier Latin, la ville compte bâtir, via un investisseur privé, des condos « jeunes, hype et branchés » dans le Quartier Latin. Ces condos seraient construits dans la partie nord de l’îlot de voyageur. Il va donc de soit de s’opposer à un projet qui, financé au départ par de l’argent public, se vend à perte au privé et qui, de plus, ne rejoint aucunement ni les ambitions (résidences universitaires) ni les besoin de la population du quartier (logements sociaux).

Mémoire déposé par l’AFESH:
« Introduction
Les associations étudiantes qui cosignent ce mémoire sont des associations de type syndical qui regroupent plus de 17 000 étudiants et étudiantes gravitant jour après jour au sein du Quartier latin, provenant de l’Université du Québec à Montréal et du Cégèp du Vieux Montréal. Ces diverses associations défendent les intérêts de leurs membres sur des sujets qui les touchent, à l’intérieur et à l’extérieur de leurs institutions d’enseignement. Les différents conseils exécutifs ont adopté des résolutions au cours du mois de novembre prenant position sur la question du développement futur de l’Îlot Voyageur et du Quartier latin. Ce bref mémoire explicite la position de l’association au sujet du PPU Quartier des spectacles – Pôle du Quartier latin.

Constats
L’orientation du développement résidentiel vers une population de « jeunes urbains branchés » équivaut à un embourgeoisement du Quartier latin par l’attraction d’une nouvelle population plus aisée. Le PPU n’inclut aucune mesure de maintien en place de la population existante ou de contrôle des loyers.
Or, il est nécessaire d’inclure à une vision de l’avenir du Quartier latin une place durable pour la population étudiante mais aussi pour les populations moins fortunées en général.
Nous ne faisons nullement confiance aux promoteurs privés pour développer le quartier dans le sens du bien commun, à fortiori dans la situation actuelle de rupture de confiance envers l’administration municipale pour sa collusion avec le secteur privé. Dans les dernières années, tant d’institutions d’enseignement ont vendu à perte des projets immobiliers à des promoteurs privés qu’on a de la misère à croire au hasard. Rappelons deux cas :
• Le Cégep du Vieux-Montréal a vendu en 2007 la Maison du Prêt d’Honneur pour 10 millions à un promoteur. Elle avait coûté 23 millions à construire.
• L’Université de Montréal s’apprête à vendre pour 28 millions un ancien couvent dans lequel elle avait investi 41 millions.
Le fiasco de l’Îlot Voyageur est toutefois d’un tout autre ordre de grandeur. Ce gouffre dans lequel l’UQAM aurait déjà investi 272 millions aurait une valeur de vente d’environ 70 millions, et la Société Immobilière du Québec a annoncé en décembre dernier son intention de le vendre au privé.

Positions
À la lumière de ce qui précède, l’AFESH :
s’oppose à la vente de l’Îlot Voyageur sur le marché privé,
propose l’utilisation de cet espace à des fins de logement étudiant et/ou social,
revendique la reconnaissance dans le PPU de la nécessité de maintenir au sein du Quartier latin des logements abordables s’adressant pour la population étudiante et la population en général. »

Pour consulter le projet PPU.

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