Le corps professoral défend les valeurs universitaires dans le conflit entre le gouvernement et les étudiants

Le corps professoral défend les valeurs universitaires dans le conflit entre le gouvernement et les étudiants

De nombreux professeurs de l’Université de Montréal prennent position devant le conflit qui perdure entre le gouvernement du Québec et la masse des opposants à la hausse des droits de scolarité.

Le 18 avril, par une série de résolutions unanimes, l’Assemblée générale du SGPUM a exprimé son entière solidarité à l’égard de la revendication des étudiants d’être entendus et a insisté sur l’importance de trouver des solutions dans le respect des traditions collégiales et démocratiques de l’institution universitaire. Les valeurs mises de l’avant par le corps professoral pour résoudre la crise sont aussi clairement énoncées dans les nombreuses motions d’appui et de dénonciation qui ont été votées à l’échelle des assemblées départementales et que le syndicat professoral a réunies sur son site Web.

Des arguments de poids

Exprimant leur inquiétude devant la dégradation du climat dans les universités, le SGPUM et plusieurs assemblées départementales ont fermement manifesté leur opposition au recours aux tribunaux plutôt qu’à l’ouverture et au dialogue pour régler la situation. Les professeurs rappellent que les injonctions auxquelles l’Université elle-même a fait appel pour forcer le retour aux cours minent les fondements de la communauté universitaire.

Les positions professorales se sont appuyées sur le concept de « bien commun » qui guide le développement de l’éducation au Québec depuis le rapport Parent. Elles se réfèrent aussi à la Charte de l’Université de Montréal, qui « [reconnaît] à ses membres les libertés de conscience, d’enseignement et de recherche inhérentes à une institution universitaire de caractère public, et qu’elle désire faire participer à son administration ses professeurs, ses étudiants et ses diplômés »

Dans cet esprit, l’appel a été fait à la pleine reconnaissance de la légitimité des décisions prises démocratiquement par les associations étudiantes accréditées par l’Université de Montréal.

Le recours à la violence et à l’intimidation a été dénoncé, quelle qu’en soit la source. Les professeurs ont condamné l’embauche de gardes privés armés par la direction de l’Université de Montréal et le SGPUM a effectué des démarches auprès de celle-ci afin que l’on procède à leur retrait immédiat.

Les professeurs refusent de jouer le rôle de « briseurs de grève » et d’être instrumentalisés dans ce conflit. À l’égard de la poursuite des cours, plusieurs assemblées ont réaffirmé le principe de l’autonomie du professeur dans la détermination des objectifs de ses enseignements, de la manière de les atteindre, et des modalités de rattrapage et d’évaluation.

Enfin, des assemblées ont carrément affirmé, pour des motifs de justice sociale et d’équité, leur opposition à la hausse des droits de scolarité et ont demandé qu’un débat de fond soit tenu sur le rôle de l’Université et l’impact des mesures gouvernementales.

Ces prises de position groupées invitent naturellement à revenir dans le sillage de la solidarité. Dans un texte rendant hommage à la détermination de nos étudiants, notre collègue le professeur Dominique Scarfone nous propose un regard neuf sur le déroulement actuel des choses.

Sous la pression des protestations de toute la communauté, la direction de l’UdeM forcée à changer son approche

Ces prises de position du corps professoral, jointes à celles de toutes les autres composantes de la communauté (associations étudiantes, syndicat des chargés de cours, syndicats des employés,…) ont certainement contribué à infléchir l’approche peu conciliante, voire rigide, adoptée par la direction de l’Université de Montréal depuis le début du conflit étudiant.

Rappelons que la direction de l’UdeM a obtenu le 11 avril une injonction provisoire « permettant à tout étudiant voulant assister à ses cours d’avoir accès aux classes ». Le dimanche 15 avril, une directive institutionnelle exigeait des professeurs et des chargés de cours qu’ils donnent leurs enseignements et procèdent aux évaluations, sans possibilité de reprise, peu importe le nombre d’étudiants présents dans leurs classes. L’insatisfaction profonde et massive de la communauté universitaire quant au mode de gestion de la crise mis de l’avant par l’institution s’est répercutée le lendemain à l’Assemblée universitaire du 16 avril.

Le 18 avril, la direction de l’Université a reculé, en annonçant qu’elle suspendait les cours visés par le boycottage tant que les conditions ne seraient pas réunies « pour assurer une prestation d’enseignement dans un climat favorable à l’apprentissage ». Elle a aussi pris la décision de ne pas demander de prolongement de l’injonction, qui a donc été levée le 20 avril.

Source: SGPUM

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