Le Devoir : Une grève pourrait en entraîner d’autres

En grève de 24h le 31 août, les cols bleus de Montréal préviennent qu’ils pourraient décréter d’autres débrayages si la Ville ne répond pas à leurs attentes

Les cols bleus de Montréal, qui feront une grève de 24 heures le 31 août prochain, ont évoqué hier la possibilité de décréter d’autres débrayages s’ils jugent que la Ville ne répond pas à leurs attentes dans le cadre des négociations en cours. D’ici là, le Conseil des services essentiels a convoqué les deux parties à une rencontre lundi prochain pour déterminer quels services seront maintenus lors de cette grève d’un jour.

Les cols bleus sont sans contrat de travail depuis le 31 août 2007 et le syndicat détient un mandat de grève générale depuis juin 2007. Mercredi, celui-ci a fait parvenir un avis de grève à l’employeur. L’arrêt de travail, d’une durée de 24 heures, est prévu pour le lundi 31 août prochain, à compter de minuit. Ce débrayage concerne environ 5000 cols bleus répartis sur le territoire de la Ville.

Des services seront toutefois maintenus cette journée-là. La Ville souhaite notamment que la collecte des ordures, les réparations urgentes au réseau d’aqueducs et d’égouts, les opérations aux usines de traitement d’eau ainsi que l’entretien des feux de circulation soient assurés. Le président du syndicat des cols bleus regroupés, Michel Parent, se dit d’accord pour maintenir les services qui touchent la sécurité des Montréalais. «L’objectif, ce n’est surtout pas de prendre la population en otage parce que sinon, on aurait fait cette grève-là cet hiver, en période de déneigement, soutient-il. Ce qu’on veut, c’est alerter la population: avec la décentralisation, la Ville est en train de se départir de ses services publics et de donner le travail en pâture à l’ensemble des entrepreneurs de son territoire.» M. Parent juge toutefois ridicule de la part de la Ville d’exiger le maintien de la collecte des ordures pour une grève d’une journée.

M. Parent n’écarte pas l’idée de recourir à d’autres débrayages à l’avenir. «Ça dépendra de l’attitude de la Ville», a-t-il dit. La Ville et ses cols bleus sont engagés dans des négociations pour le renouvellement du contrat de travail, mais le fossé entre les deux parties est important. La Ville estime à 100 millions de dollars sur quatre ans les demandes syndicales, une évaluation que conteste Michel Parent. Au chapitre des salaires, la Ville propose des augmentations de 0 % pour la première année et de 2 % pour les trois années suivantes. Les cols bleus réclament plutôt des augmentations annuelles variant entre 2 et 2,5 %.

Le maire Gérald Tremblay a dit souhaiter le retour des cols bleus à la table des négociations le plus rapidement possible. «On vient de finaliser avec eux une entente pour leur régime de retraite. C’était la priorité des cols bleus. […] Je n’ai pas 100 millions de dollars à donner aux cols bleus», a-t-il dit. Quant au recours à la sous-traitance, M. Tremblay a indiqué qu’en raison des investissements importants qui doivent être consacrés à la réfection des infrastructures à Montréal, le recours au secteur privé est inévitable.

Si jamais les cols bleus débrayaient plus d’une journée dans un avenir plus ou moins lointain, Montréal pourrait-elle crouler sous les ordures comme Toronto en juin dernier pendant la grève de ses employés municipaux? Michel Parent assure que non, d’autant plus que le Québec dispose d’un Conseil des services essentiels, contrairement à l’Ontario. «Le Conseil des services essentiels statuerait rapidement, aussitôt qu’il y aurait des traces de vermine dans un parc», croit M. Parent.

La Ville a conclu des ententes avec plusieurs de ses syndicats, comme ceux des fonctionnaires, des professionnels et des employés de la Société de transport de Montréal. Quant aux policiers et aux pompiers, ils sont en arbitrage.

Consultez l’article intégral de l’article de Jeanne Corriveau de l’édition du 21 août 2009 du Devoir.

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