Le rattrapage salarial : pour la relance de l’UQAM

La question du rattrapage salarial est, dans le monde syndical, une demande traditionnelle. Il est normal que les travailleuses et travailleurs souhaitent obtenir la parité avec leurs consœurs et confrères œuvrant dans un même corps professionnel. Dans le cas des employé-e-s étudiant-e-s de l’UQAM, cette demande prioritaire s’avère cruciale pour le développement et la relance de notre université.

Clairement énoncée, la position défendue par le SÉtuE est un rattrapage avec les employé-e-s étudiant-e-s de l’Université de Montréal (UdeM). Contrairement au rapport de la firme Aon (1) , qui suggère fortement un arrimage avec le réseau des universités régionales, la position du SÉtuE est établie en fonction du milieu montréalais (coût de la vie, etc.), du critère francophone et des comparatifs importants avec l’UdeM (nombre d’étudiant-e-s, « marché cible », attrait, etc.). Les demandes du SÉtuE s’appliquent tant pour l’Unité 1 (auxiliaires d’enseignement et de recherche) que pour l’Unité 2 (travail non académique).

Concrètement, un-e auxiliaire de recherche de l’UQAM à la maîtrise gagne 16$ l’heure, alors que son ou sa collègue de l’UdeM gagne 19,74 $ pour une charge de travail similaire et dans le même milieu. Un correcteur ou une correctrice à l’UQAM à la maîtrise gagne 14,94 $ l’heure, alors que son ou sa collègue de l’UdeM gagne 19,74 $, toujours dans le même milieu et avec la même charge de travail. Les écarts sont également flagrants dans le cas des employé-e-s étudiant-e-s au baccalauréat (moyenne de 2,28 $ de moins par heure pour les auxiliaires d’enseignement et de 2,80 $ de moins par heure pour l’assistanat de recherche) et au doctorat (moyenne de 5,26 $ de moins par heure à l’enseignement et de 3,60 $ de moins par heure pour la recherche).

Contrairement à plusieurs affirmations, les augmentations salariales proposées par le SÉtuE n’affecteront pas négativement la recherche à l’UQAM, et ce, pour deux raisons principales. Premièrement, le facteur d’attrait de l’UQAM serait rehaussé grâce à des salaires compétitifs, ce qui permettrait d’éviter un exode redouté des étudiant-e-s aux cycles supérieurs. Deuxièmement, les hausses de salaire en recherche sont déjà prévues dans les banques des principaux fonds de recherche (FQRSC, CRSH, etc.) et ces organismes assumeront sans problème les augmentations.

Rappelons que l’administration mise sur une hausse des inscriptions aux cycles supérieurs. Il serait souhaitable pour l’avenir de l’UQAM que cette dernière permette à ses employé-e-s étudiant-e-s d’obtenir des conditions salariales décentes. N’existe-t-il pas un danger que l’exode des étudiant-e-s aux cycles supérieurs, tant redouté par l’administration, se concrétise si l’écart avec nos collègues de l’UdeM continue de s’accroître?

(1) La firme Aon a été embauchée par l’UQAM, faisant suite à une demande du ministère de l’Éducation, pour réaliser une étude comparant les salaires des employé-e-s étudiant-e-s de diverses universités. Ce rapport, aux faiblesses méthodologiques graves, compare le SÉtuE avec des employé-e-s étudiant-e-s non syndiqué-e-s et privilégie les rapprochements avec le réseau UQ plutôt qu’avec le milieu montréalais.

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