Le SCFP défend l’autonomie des cégeps

QUÉBEC, le 24 sept. /CNW Telbec/ – La ministre Courchesne fait fausse route avec sa réforme de la gouvernance des cégeps. C’est du moins ce que sont venus plaider les représentants du secteur collégial du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) cet après-midi, pendant les travaux de la Commission de l’éducation qui étudie le projet de loi 44.

Parlant au nom de centaines d’employés de soutien du réseau collégial, les dirigeants du SCFP en ont particulièrement contre la diminution prévue du nombre de membres du conseil d’administration de l’établissement issus de la communauté collégiale elle-même. Le gouvernement Charest veut, par la même occasion, y augmenter les membres dits « indépendants », provenant, eux, de l’extérieur du milieu collégial. « À nos yeux, c’est un désaveu flagrant des gens qui œuvrent dans les cégeps. Or, personne n’est plus à même de comprendre la mission d’un collège et les défis à y relever. Les divers groupes d’employés des cégeps doivent donc être équitablement représentés sur les conseils d’administration », soutient Ginette Bussières, présidente du Conseil provincial des cégeps. Le SCFP rappelle qu’une institution collégiale n’est pas une entreprise et que ce n’est pas en augmentant l’influence de l’extérieur qu’on en améliorera la gestion.

De plus, le SCFP remet en question l’intention de la ministre Courchesne d’éliminer la consultation de la Commission des études du processus de nomination du directeur général d’un établissement. « Loin de rendre cette nomination plus transparente, le projet de loi la rend plus opaque, affirme Marie-Claude Cadieux, conseillère au SCFP. On reconnaît là l’orientation générale de la ministre qui vise à centraliser et hiérarchiser les pouvoirs dans les cégeps. »

Enfin, le plus grand syndicat canadien souligne que les membres du conseil d’administration ne sont pas tous égaux quand on parle de possibles conflits d’intérêts. En effet, alors qu’on exige des membres provenant de l’interne qu’ils soient au-dessus de tout soupçon, les membres externes, eux, peuvent « ponctuellement » être en conflit d’intérêts. « C’est une conception assez particulière de la bonne gouvernance, indique Lucie Levasseur, présidente du SCFP-Québec. Il suffit au membre dit indépendant de montrer patte blanche au début, après quoi il peut louvoyer et se retrouver dans une zone grise. C’est très inquiétant. »

Le SCFP représente quelque 9000 membres dans le secteur de l’éducation au Québec. En plus de ce secteur d’activité, le SCFP est présent dans 10 autres secteurs, entre autres, la santé et les services sociaux, les municipalités, les transports urbain et aérien, les sociétés d’État et organismes publics québécois, l’énergie et les communications. Comptant au total près de 105 000 membres au Québec, il est le plus important syndicat affilié de la FTQ.

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