Les affaires : La vente de l’Îlot Voyageur est bloquée

La saga de l’Îlot Voyageur s’éternise. En juin dernier, le recteur de l’UQAM, Claude Corbo, assurait que sa vente était imminente. Trois mois plus tard, la Station centrale d’autobus de Montréal bloque un accord pour que SITQ rachète le chantier abandonné depuis plus de deux ans, a appris lesaffaires.com.

Cette filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec est maintenant seule dans la course pour acheter l’immeuble en construction, à l’angle des rues Berri et Ontario. SITQ confirme vouloir y construire des bureaux, sans donner plus de détails.

Un accord a été conclu entre SITQ, le propriétaire Busac et le gouvernement du Québec. Mais le 22 septembre dernier, la Station centrale, forte d’un bail de 15 ans avec Busac, a envoyé une lettre à SITQ pour lui demander « des engagements fermes sur un projet ferme avant d’engager la discussion », dit Gilles Corriveau, porte-parole du locataire. « Pour l’instant, il n’y a rien de concret. Le repreneur SITQ ne prend aucun engagement ! Il dit : « On va patcher quelques petites affaires et tu vas rentrer là. » »

La Station centrale veut notamment savoir comment sera aménagé l’accès au métro. « C’est primordial, pour un service comme le nôtre », dit M. Corriveau.

En outre, des résidences et un jardin flottant devaient être construits au-dessus de la gare, mais ces projets ont été abandonnés il y a deux ans, quand a éclaté le scandale financier de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Résultat : des portions de la gare d’autobus n’ont pas encore de plafond permanent, là où ces tours devaient être construites. De l’eau s’est même infiltrée dans l’immeuble depuis 2007, selon nos sources.

La Station centrale veut donc savoir quand les structures temporaires qui protègent la future gare des intempéries seront remplacées par des matériaux permanents. Enfin, l’entreprise demande des garanties quant à la solidité du propriétaire de l’immeuble, dans l’éventualité où SITQ s’en départit après l’avoir racheté.

SITQ reste vague

« Le dossier de l’Îlot Voyageur, c’est un projet complexe, dit Amélie Plante, porte-parole de SITQ. De notre côté, c’est impossible de préciser tous les paramètres. » La lettre dans laquelle la Station centrale exige un projet clair avant de donner son accord à la vente de l’Îlot « fait partie des discussions » que la direction de la Caisse a en ce moment.

L’UQAM refuse de formuler des commentaires sur les négociations en cours. « L’annonce sera faite par le gouvernement du Québec », dit Francine Jacques, porte-parole.

Selon Catherine Poulin, attachée de presse du ministre des Finances, Québec n’est pas encore prêt à faire une annonce dans ce dossier. Le gouvernement a droit de vie ou de mort sur tout accord, puisqu’il a réservé 200 millions de dollars dans une fiducie en novembre 2008, pour permettre à l’UQAM de payer les intérêts sur le prêt controversé qu’elle avait contracté pour financer la construction de l’Îlot Voyageur.

Le Fonds de solidarité FTQ, qui se disait intéressé par l’achat de l’Îlot il y a quelques mois, n’est plus dans la course, reconnaît une porte-parole de l’organisation. Quant au Mouvement Desjardins, qui s’était montré intéressé à y regrouper des employés, il a lui aussi fait une croix sur le site. « L’Îlot Voyageur ne fait pas partie des plans », dit le porte-parole André Chapleau.

Fiasco immobilier

Le projet d’origine, un partenariat public-privé avec Busac devait comprendre des locaux pour l’Université, des résidences pour étudiants, des bureaux, la gare d’autobus et un stationnement.

Le Vérificateur général a révélé l’an dernier un grand nombre d’irrégularités dans la négociation et le financement du projet. Il a blâmé Busac et l’administration de l’UQAM : l’ancien recteur Roch Denis, l’ancien vice-recteur Mauro Malservisi et l’ancien directeur des investissements, Nicolas Buono.

La Sûreté du Québec mène une enquête sur le dossier.

Consultez l’article intégral du 24 septembre du site Les affaires.

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