Plutôt qu’un soi-disant « pacte » pour le financement concurrentiel des universités, syndicats, professeurs et étudiants s’unissent pour réclamer une large consultation publique sur les universités québécoises

MONTRÉAL, le 24 févr. /CNW Telbec/ – Puisque plusieurs défis attendent les universités québécoises au cours des prochaines années, il serait illusoire et stérile d’étudier la question des frais de scolarité en vase clos et entre partisans d’une seule et même pensée économique. La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) s’unissent donc pour réclamer la tenue d’une large consultation publique sur le système universitaire québécois.

Plutôt qu’une étude à la pièce du financement des universités, ou de sujets aussi sérieux que la gouvernance des universités (projet de loi no 38) et la modernisation des universités du Québec, ces trois groupes réclament donc que le gouvernement du Québec organise un débat démocratique afin d’identifier collectivement des pistes de solutions aux problèmes et aux défis auxquels font face les universités québécoises. « Actuellement, on assiste plutôt à la tendance inverse en ne soumettant la réflexion sur l’université québécoise qu’à une certaine élite réunie au sein des conseils d’administration des universités », souligne Réjean Parent, président de la CSQ.

La société québécoise ne peut se permettre de regarder les finances publiques à la pièce. Le financement des universités dépend aussi des choix de société que l’on fait ensemble. « Un pacte, pour être un tant soit peu valable, doit être composé par plus que 16 personnes parlant en leur nom individuel. On est 7 millions au Québec », rappelle Denise Boucher, 3e vice-présidente de la CSN.

La conférence de presse du 22 février 2010, réunissant MM. Lucien Bouchard, Robert Lacroix et Patrick Lebel, en est un bel exemple. Disant s’inscrire au sein d’une « démarche citoyenne », ces derniers prônent une augmentation substantielle des frais de scolarité sans avoir consulté les groupes concernés et sans inscrire la question des frais de scolarité au sein de la problématique du financement global des universités. « Depuis le début du débat sur les frais de scolarité, les étudiants sont écartés du débat. Pourtant, nous sommes les premiers visés. Il ne peut y avoir de pacte sans les étudiants et il ne peut y avoir de débat ou de consensus lorsqu’il n’y a qu’une seule voix, un seul message » déplore Jean Grégoire, président de la FEUQ.

La nécessité des États généraux sur l’université québécoise

Selon la FQPPU, les nombreux problèmes auxquels font face les universités québécoises ne se résoudront pas à la hâte. « Il faut prendre un temps d’arrêt, et faire une analyse et une réflexion de fond. En 2010, au Québec, il existe plusieurs universités ayant une identité et des objectifs propres et qui ont atteint un niveau d’excellence, mais dont l’avenir ne saurait être assuré sans considération de l’ensemble des institutions et d’un projet global de développement. Ces États généraux que nous réclamons doivent être l’occasion d’affirmer des valeurs et des priorités qui engagent l’avenir », affirme Max Roy, président de la FQPPU.

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