Postes Canada place les employés et employées en lock-out partiel

La direction de Postes Canada a décidé de limiter la livraison du courrier à trois jours semaine, soit le lundi mercredi et vendredi, dans la plupart des municipalités au Canada à compter de cette semaine. Elle argumente que les grèves tournantes et le climat d’incertitude a fait baisser le volume de courrier. Mais en fait c’est un lock-out à peine déguisé qui révèle encore une fois l’arrogance de cette société.

Selon Alain Duguay, président de la section locale de Montréal du STTP : « La direction a également coupé les heures des employés à temps partiel. Pendant ce temps elle retient une partie du courrier au centre de tri. » Postes Canada peut toujours nier, il est évident qu’avec trois jours de livraison, le courrier sera retenu plutôt que d’être livré. La porte-parole patronale Anik Losier prétend que les actions syndicales ont fait fuir les clients et conduit à une baisse des volumes. Qu’à cela ne tienne, Postes Canada impose un remède de cheval qui va réellement faire fuir les clients et retardera indument la livraison du courrier.

Depuis l’acquisition du droit de grève et le début des moyens de pressions de la part du syndicat, la partie patronale a mis fin à l’application de la convention collective et des clauses relatives aux avantages sociaux telles les assurances médicaments. Le chef de l’exploitation de la SCP, Jacques Côté a envoyé une lettre aux employés leur indiquant que le syndicat avait refusé de maintenir les protections pour ses membres : « Le STTP a décidé de ne pas maintenir les avantages sociaux de ses membres. Cette décision a placé certains employés de Postes Canada dans une situation personnelle difficile. » Selon Alain Duguay le coup est dur. Jamais le STTP ne s’est opposé à un accord sur ce sujet. « La lettre tente de faire croire qu’on n’a pas voulu maintenir ces avantages, je ne pensai pas qu’un employeur pouvait descendre aussi bas. »

Postes Canada a proposé au STTP de maintenir la couverture sociale de ses membres, moyennant 13 millions par mois. Une somme inabordable pour le STTP, dont les revenus dépassent de peu 25 millions par année, selon Alain Duguay. Il aura fallu les pressions en chambre du député néo-démocrate Yvon Godin pour que Postes Canada entende raison et mette sur pied un programme temporaire. Rappelons que monsieur Godin devait visiter les installations postales à Montréal jeudi dernier le 9 juin avec le président de la section locale Alain Duguay. Ceux-ci se sont vu cavalièrement refuser l’accès par la direction.

Le syndicat refuse de céder aux provocations et demande maintenant à la population de faire pression sur la direction pour qu’elle retourne négocier. Au cœur du litige on retrouve les clauses orphelines, Postes Canada demande toujours une échelle salariale différente pour les nouveaux employés, ainsi que les normes de santé-sécurité ; le syndicat revendique des études ergonomiques refusées par Postes Canada concernant les changements technologiques et les nouvelles méthodes de livraison. Il revendique également l’embauche d’effectifs suffisants et l’amélioration des services à la population.

Sur son site internet le STTP propose cinq façons de les appuyer, 1-Placez une affiche d’appui dans votre fenêtre (disponible sur le site), 2-portez le macaron, 3- participez aux lignes de piquetage, 4-répondez aux éditoriaux et aux articles publiés dans les journaux ou sur Internet. Exprimez-vous dans le cadre des émissions-débats à la radio. Partagez les communications du STTP en les affichant sur les réseaux sociaux et les communautés électroniques, 5- Communiquez avec Deepak Chopra, président de Postes Canada, et encouragez-le à laisser tomber les concessions. Dites-lui de négocier des solutions avec les travailleuses et travailleurs des postes.Vous pouvez joindre M. Chopra par télécopieur : 613-734-6084ou par courriel : deepak.chopra@canadapost.postescanada.ca

mardi 14 juin 2011, par André Frappier

Source: Presse-toi à gauche

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