Presse-Toi à gauche: Le Conseil du patronat juge le Québec trop confortable pour sa population !

Le Conseil du patronat s’est donné le pouvoir d’accorder une note au Québec dans un Bulletin dit de la prospérité. Rien de moins. Après le palmarès des écoles, c’est le Québec entier qui est évalué par les patrons et leurs acolytes.

Le CPQ accorde un C au Québec pour la création de richesse.

L’évaluation du Conseil du patronat illustre davantage les valeurs et les intérêts défendus par cet organisme patronal que les performances et la réalité du Québec. Qu’est-ce qui fonde l’évaluation sévère que fait le Conseil du patronat du Québec ?

Le Québec serait en retard parce que ces lois du travail seraient trop avancées. Il faudrait que les lois du travail ne protègent pas les travailleurs et les travailleuses. Le CPQ va encore plus loin. Une meilleure performance dans la création de richesse nécessiterait que les droits du travail soient moins bien protégés. Il faudrait également en finir avec le fait de se payer des Cadillac comme programmes sociaux : régimes de rentes, assurance parentale, santé et sécurité au travail et normes du travail. Bref, l’enrichissement patronal exigerait qu’on réduise nos aspirations à satisfaire des besoins sociaux et à développer des mesures de solidarité pour la majorité. Il faudrait pour favoriser la prospérité de la minorité qu’il représente qu’on laisse libre cours à l’arbitraire patronal.

Pas étonnant que le CPQ s’étrangle d’indignation face à la proposition des jeunes du PLQ d’élargir l’application de la loi antibriseurs de grève

La proposition adoptée par les jeunes Libéraux vise à modifier le Code du travail pour que le travail fait dans le cadre des nouvelles technologies (à distance par exemple) et pas seulement le travail fait dans un édifice touché par une grève soit couvert par la loi anti-briseurs de grève. Dans leur conférence de presse, les jeunes Libéraux ont souligné que la loi adoptée en 1978 n’est pas adaptée au secteur des médias et que ce qui se passe au Journal de Montréal le démontre encore une fois.

Cela a choqué le CPQ. Le malheur pour le CPQ, c’est que la loi antibriseur de grève protège le droit pour les travailleurs et les travailleuses de construire un rapport de force face à l’employeur en leur permettant de retirer leur offre de travail et en empêchant que des patrons d’utiliser des scabs pour casser ce rapport de force. Dans les conflits où les employé-e-s ne sont pas protégés par une telle loi les patrons peuvent se permettre de laisser les grèves s’éterniser.

Les organisations syndicales y ont vu dans la proposition des jeunes Libéraux une ouverture particulièrement importante pour instaurer une mesure essentielle pour les travailleurs et les travailleuses qui oeuvrent dans les secteurs utilisant les nouvelles technologies. Le premier ministre Charest, lui, ne s’est pas montré très enthousiaste, c’est le moins qu’on puisse dire.

Le CPQ non seulement rejette avec indignation la proposition des jeunes Libéraux d’élargir l’application de la loi anti-briseurs de grève, mais il trouve que la loi actuelle est déjà trop contraignante. Le CPQ va plus loin, il faudrait en finir avec cette loi, il faudrait multiplier les obstacles à l’accréditation syndicale, il faudrait élargir le vote de grève aux non-membres d’une unité syndicale…

Comme on peut le voir encore une fois, les lois sont le plus souvent le fruit des rapports de force qu’on parvient à créer. Et le patronat le sait bien lui qui cherche aujourd’hui de profiter de la situation où il est à l’initiative pour s’attaquer encore une fois aux acquis syndicaux.

Nous pourrions facilement donner un A au Conseil du patronat pour son cynisme, sa prétention et sa démagogie antisyndicale. Et dire que certains pensent, que la lutte de classe est une chimère dépassée. Une organisation patronale comme le CPQ, elle, ne se berce pas de pareilles illusions.

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