Quand l’UdeM se paye de la publicité ou l’art de la désinformation

MONTRÉAL, le 27 mars /CNW Telbec/ – Après avoir refusé de négocier durant de longs mois alors que le Syndicat des chargé-es de cours de l’Université de Montréal (SCCCUM-FNEEQ-CSN) était prêt depuis juin 2009, après s’être traîné les pieds durant les séances de « négociation » puis de conciliation qui ont suivi, l’administration universitaire, passée maître dans l’art de la désinformation, tente maintenant de rejeter sur le dos du Syndicat les importants problèmes découlant de son incurie.

« En payant de pleines pages de publicité pour désinformer la population, l’Université continue à jeter de l’huile sur le feu et à lancer des ultimatums plutôt que d’essayer d’en venir à une entente négociée avec ses chargé-es de cours, qu’elle regarde avec mépris », soutient le président du SCCCUM-FNEEQ-CSN, Francis Lagacé.

L’Université nie ses propres chiffres

Quand elle affirme que la taille des groupes-cours n’a pas augmenté depuis 2001, elle nie ses propres chiffres. Il faut quand même le faire ! Ainsi, selon le Bureau de recherche institutionnelle (BRI), c’est-à-dire le service d’études et de statistiques interne de l’Université, la taille moyenne d’un groupe-cours de premier cycle a augmenté, entre 2002 et 2008, de 3,3%. Ce pourcentage s’applique à un ensemble de plus de 8000 cours.

Plus précisément, toujours entre 2002 et 2008, la taille moyenne d’un groupe-cours de premier cycle a augmenté de 60,4% en urbanisme ; de 28,9% en démographie ; de 40% en géographie ; de 39,8% en linguistique ; de 18,1% en études allemandes ; de 31,2% en sciences économiques ; de 20,8% en psychologie ; de 41,1% en sociologie ; de 5,8% en droit ; de 14,7% en kinésiologie ; de 17,9% en médecine familiale ; de 22,3% en physiologie ; de 89,3% en musique ; de 14,5% en sciences de l’éducation.

Par ailleurs, une étude faite par la firme Ad hoc Recherche en janvier 2009 a démontré que près de la moitié des chargés de cours ont vu la taille de leur groupe-cours augmentée dans les cinq dernières années. Dans la très grande majorité des cas cette augmentation varie de 25 à 100 %. Rien de moins !

Ayant véritablement à cœur la réussite des étudiants, les chargé-es de cours essaient par tous les moyens d’offrir un enseignement de qualité. L’expérience démontre que les groupes moins populeux assurent une meilleure relation pédagogique et contribuent à la persévérance des études.

Le faux et le vrai

L’Université affirme qu’elle accorde une hausse de 20 % de l’enveloppe réservée à l’embauche d’auxiliaires d’enseignement qui appuient les enseignants et allègent leurs tâches.

Or, la vérité est que l’Université, dans son offre écrite, ne s’engage à rien de concret, sinon ce qui existe déjà, à savoir qu’une partie des budgets attribués aux unités serviront à l’embauche d’auxiliaires et que les chargés de cours ont droit à l’aide d’auxiliaires…

Mensonge et vérité

L’Université affirme offrir un rattrapage salarial immédiat de 3,8 %, qui porte les membres du SCCCUM au sommet de la rémunération des chargés de cours des universités montréalaises et des grandes universités québécoises de recherche.

Or, la vérité est que le travail requis pour dispenser une charge de cours est le même, que l’on soit un professeur ou un chargé de cours. Il existe actuellement un écart de 7,7 % entre la rémunération d’un professeur et d’un chargé de cours à l’Université de Montréal pour dispenser une charge de cours. La moyenne de rémunération des chargés de cours syndiqués de la FNEEQ est de 7 % plus élevée que celle des chargés de cours de l’UdeM.

À travail égal, salaire égal

L’Université affirme que le Syndicat refuse des hausses subséquentes qui équivaudront à celles offertes par le gouvernement à ses employés.

Or, le Syndicat demande à l’Université les mêmes augmentations qu’elle consentira à ses professeurs réguliers.

Épouvantail à moineaux

Quant à son ultimatum d’annuler le trimestre d’hiver s’il n’y a pas d’entente avant le 5 avril, Francis Lagacé le qualifie d’ « épouvantail à moineaux ». « Si l’Université pouvait enfin faire preuve de sérieux, on pourrait arriver à une entente très rapidement. »

Rappelons finalement que c’est le Syndicat et non l’Université qui depuis le début tente de négocier. « Affirmer le contraire, comme le fait l’administration, est incroyable. » Encore hier, le président du Syndicat a formellement invité par courriel les négociateurs patronaux à négocier toute la fin de semaine et les jours suivants, si nécessaire.

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