Radio-Canada : Négociations syndicales – Les fonctionnaires protestent

Des milliers d’employés de la fonction publique et parapublique du Québec participent à une manifestation cet après-midi à Montréal.

Ils répondent ainsi à l’invitation du front commun syndical représentant les employés de l’État en négociations avec le gouvernement.

Selon Claudette Carbonneau, présidente de la CSN, ce que ses membres veulent c’est une convention collective. « Nos membres sont tannés de vivre d’amour et d’eau claire. […] Ils sont au bout du rouleau. […] Ils demandent le respect. Cap sur le 31 mars, mais cap aussi sur des conventions collectives négociées », dit-elle.

Le président de la FTQ, Michel Arseneault, et la porte-parole du secrétariat intersyndical des services publics, Dominique Verreault, réclament aussi un nouveau contrat de travail pour leurs membres. Ils demandent tous deux de meilleurs salaires pour les fonctionnaires afin de les retenir dans la fonction publique. Selon eux, l’attraction du privé devient de plus en plus forte.

Des négociations difficiles

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) déclarait vendredi avoir « de moins en moins d’espoir » que le gouvernement Charest et les 475 000 syndiqués de la fonction publique du Québec parviennent à conclure un nouveau contrat de travail d’ici le 31 mars, date à laquelle vient à échéance la convention collective imposée sous le bâillon en décembre 2005.

« Nous continuons de faire les efforts nécessaires aux tables de négociation, mais nous ne pourrons jamais en arriver à une entente tant que la partie patronale s’entêtera à vouloir sabrer dans nos conditions de travail au point de nous ramener en bas des conditions auxquelles nous sommes actuellement assujettis par décret », a déclaré vendredi le président de la CSQ, Réjean Parent, en marge d’un conseil général des négociations de la CSQ.

Dans un communiqué publié vendredi avant-midi, Mme Gagnon-Tremblay dit qu’elle croit toujours à un règlement négocié d’ici le 31 mars. « Dans l’espoir d’y parvenir, je propose dès maintenant un blitz de négociations. Il faut que les discussions avancent de façon marquée au cours des prochains jours, tant à la table centrale qu’aux tables sectorielles », écrit-elle.

« Nos négociateurs détiennent tous les mandats nécessaires et le gouvernement est disposé à résoudre des problématiques pressantes, notamment celles qui sont liées au travail des infirmières, au renforcement du soutien aux enseignants, particulièrement ceux oeuvrant auprès des élèves en difficulté d’apprentissage pour améliorer la réussite scolaire ainsi qu’à la révision de la structure des emplois pour assurer plus de polyvalence dans l’organisation du travail dans la fonction publique », ajoute Mme Gagnon-Tremblay.

Québec propose une hausse de la rémunération globale, qui inclut tous les avantages sociaux, de 7 % sur cinq ans. L’augmentation salariale serait limitée à 5 %. Cette offre pourrait être bonifiée de 0,75 % pour chacune des deux dernières années si la croissance économique est plus élevée que prévu.

Les syndicats, pour leur part, demandent une augmentation de salaire de 11,25 % sur trois ans (3,75 % par année) afin, disent-ils, de protéger le pouvoir d’achat des fonctionnaires et de réduire l’écart salarial par rapport aux employés du gouvernement fédéral, des autres provinces ou du secteur privé québécois.

Selon la CSQ, les offres salariales du gouvernement du Québec entraîneront un appauvrissement de 8 % des employés de l’État.

Le gouvernement soutient pour sa part que l’ensemble des demandes déposées par le Front commun le 30 octobre dernier coûtera plus de 8 milliards de dollars sur trois ans aux contribuables.

Étant donné l’important déficit du gouvernement du Québec et « les défis que représente le retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2013-2014 », Mme Gagnon-Tremblay invite le front commun à discuter sur des bases « plus réalistes ».

Consultez l’article intégral de l’édition du 20 mars 2010 de Radio-Canada.

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