Radio-Canada : Sommets du G8 et du G20 Première grosse manifestation

Quelque 3000 manifestants ont manifesté vendredi dans les rues de Toronto avec des revendications hétéroclites comme l’environnement, l’économie ou le travail.

Le cortège a défilé pendant environ quatre heures avant de revenir à son point de départ au parc Allan Gardens, vers 19 h. Plusieurs protestataires ont annoncé leur intention d’établir un campement pour rappeler aux dirigeants leur présence et les besoins des plus démunis.

La police a encadré le cortège dont l’itinéraire était inconnu, certains agents étant dotés d’équipements antiémeutes. Environ 20 000 policiers sont déployés dans la Ville-Reine.

Si la manifestation s’est déroulée dans le calme la plupart du temps, des affrontements entre protestataires et policiers ont eu lieu. Les policiers ont arrêté un manifestant qui avait franchi la ligne de protection. Au total, cinq arrestations ont eu lieu.

D’autres rassemblements ont eu lieu, notamment celui de femmes demandant un accès à des services d’avortement dans les pays pauvres. Cet élément est absent de la politique sur la santé maternelle et infantile présentée par le gouvernement conservateur de Stephen Harper en vue du sommet, pour laquelle un investissement a été annoncé vendredi.

Peu de manifestants semblent avoir fait le déplacement vers Huntsville, qui se trouve à environ deux heures de route de Toronto. Vendredi matin, ils n’étaient que quelques dizaines à protester pour que le G8 fasse de l’accès à l’eau un droit.

En matinée, une pétition de plusieurs millions de noms de partout dans le monde a été déposée en guise de protestation contre les sommets du G8 et du G20.

À Montréal, environ 250 personnes ont pris la route, tôt vendredi matin, à bord d’autobus. D’autres groupes sont partis en soirée.

Décret pour accroître le pouvoir policier

Le 2 juin dernier, le gouvernement ontarien a adopté en catimini un décret qui augmente le pouvoir policier durant les sommets du G8 et du G20. Des critiques comparent ce décret à la Loi sur les mesures de guerre.

Ainsi, la réglementation permet aux policiers d’appréhender toute personne qui s’approche à moins de cinq mètres des clôtures de sécurité entourant le site du sommet à Toronto.

Les policiers peuvent également exiger une pièce d’identité des personnes se trouvant près de clôtures de sécurité. Toute personne qui refuse de s’identifier s’expose à deux mois de prison et à une amende pouvant atteindre 500 $.

Une porte-parole du ministère de la Sécurité communautaire de l’Ontario affirme que la Loi ontarienne sur la protection des biens publics existe depuis 1939 et qu’elle a tout simplement été étendue au périmètre de sécurité du G20 pour une semaine.

Le décret en question donne aux policiers le pouvoir de demander aux gens de s’identifier et de fouiller n’importe qui.

L’utilisation du canon sonore permise

Par ailleurs, la Police provinciale de l’Ontario (PPO) modifie ses règles d’utilisation du canon sonore durant les manifestations du G20.

Elle se plie ainsi à une ordonnance de la Cour supérieure, qui vient de statuer que la fonction alerte de ces porte-voix doit être utilisée de façon limitée et à une distance d’au moins 75 mètres des manifestants pour protéger l’ouïe des personnes.

Le juge rejette toutefois l’argument de l’Association canadienne des libertés civiles selon lequel les canons sonores violent la liberté d’expression des manifestants. Ainsi, leur utilisation sera permise.

Le canon sonore émet un son strident qui aide les policiers à disperser les manifestants.

Des groupes de défense des droits civils demandaient une injonction pour interdire son utilisation.

Consultez l’article intégral paru dans l’édition du 26 juin 2010 du site de Radio-Canada.

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