Rue Frontenac : 2,7 M$ pour Lucien Bouchard et sa firme – Étudiants et enseignants de l’UQAM choqués

Les révélations de Rue Frontenac sur les frais légaux mirobolants facturés à l’UQAM par Lucien Bouchard et la firme qui l’emploie choquent autant les enseignants de l’institution que les étudiants.

« Mon premier réflexe, c’est de dire que Lucien Bouchard et la firme d’avocats pour qui il travaille ont un culot assez extraordinaire », lance, choqué, Guy Dufresne, président du syndicat des chargés de cours de l’UQAM.

Le représentant syndical estime que l’ex-premier ministre, qui a fait une sortie il y a deux semaines à peine pour réclamer une hausse des droits de scolarité exigés aux étudiants, est dans une drôle de position pour faire la leçon.

« Comme on dit, charité bien ordonnée commence par soi-même », lance-t-il.

De son côté, Mathieu Melançon, de l’Association facultaire des étudiants en sciences humaines de l’UQAM, assure que les étudiants sont scandalisés.

« C’est complètement aberrant. Lucien Bouchard est la personne qui demande aux Québécois de travailler plus, qui dit qu’il faut se serrer la ceinture », dénonce-t-il.

2,7 M$ en frais juridiques

Rue Frontenac révélait mardi que Lucien Bouchard et la firme Davies, Ward, Phillips & Vineberg ont facturé pour 2,7 M$ de frais juridiques à l’UQAM uniquement dans le dossier du projet immobilier de l’Îlot Voyageur, une construction qui a mis à mal les finances de l’établissement universitaire.

L’ancien politicien a été embauché en mai 2007 comme négociateur pour tenter de trouver une entente avec le promoteur immobilier propriétaire du chantier, afin de dégager l’UQAM de ses lourdes obligations financières. Aucune entente n’est encore intervenue à ce jour.

« C’est beaucoup de sous pour une négociation. J’aimerais bien voir les détails de ces factures », a commenté M. Dufresne.

L’UQAM doit faire preuve de rigueur

Au cabinet de la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, on juge que c’est à l’UQAM de répondre des frais légaux qui ont été encourus dans le dossier de l’Îlot Voyageur.

La ministre Courchesne souhaite toutefois que « l’UQAM fasse preuve de rigueur et de transparence dans la gestion des fonds publics », a indiqué sa porte-parole, Tamara Davis.

Rappelons que la ministre de l’Éducation a indiqué en 2008 qu’elle allait tenir l’UQAM indemne des conséquences financières de la construction de l’Îlot Voyageur. Au final, ce sera donc le ministère de l’Éducation qui payera les frais liés à cette dérive financière.

Consultez l’article intégral de Jean-Philippe Pineault de l’édition du 9 mars 2010 de Rue Frontenac.

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