Solidarité contre la répression policière à Montréal : Nous ne nous soumettrons pas au règlement municipal P-6

Le SÉtuE vient de signer cette déclaration !

« Avec cette déclaration publique, nous affirmons notre opposition au règlement P-6 : nous continuerons de manifester sans négocier l’itinéraire avec la police et nous contesterons systématiquement toute contravention en vertu de ce règlement.

Ces dernières années ont été marquées par une escalade de la répression policière à Montréal. Au moment où le nombre des mouvements politiques qui prennent la rue d’assaut augmente sans cesse, les manifestations se voient attaquées plus brutalement et plus arbitrairement que jamais. Bâtons rétractables, matraques, lacrymogènes, poivre de Cayenne et balles de plastique ; de plus en plus, nos camarades subissent des arrestations de masse, sont brutaliséEs, humiliéEs, prisEs en souricière et, dans plusieurs cas, gravement blesséEs.

Dans ce contexte d’escalade répressive le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) emploie une nouvelle pratique : arrêter les manifestantEs avant même qu’ils et elles puissent se regrouper pour manifester. À trois reprises au cours de la même semaine (le 15 mars lors de la Journée internationale contre la brutalité policière, le 18 mars avant la manifestation nocturne et le 22 mars lors de la manifestation pour le premier anniversaire des manifestations étudiantes du 22 de chaque mois) le SPVM a mis un terme aux manifestations avant même leur commencement en encerclant les manifestantEs avec l’anti-émeute et en les arrêtant en masse, par centaines. Un des objectifs évidents de la police est d’effrayer les potentiels manifestantEs pour les dissuader de reprendre la rue.

Puisque le SPVM ne peut se permettre de faire ces arrestations préventives en vertu d’accusations criminelles ; (aucun motif légal ne lui permet de le faire) il a recours au règlement municipal P-6 qui rend toute manifestation illégale si aucun itinéraire n’a été communiqué d’avance à la police. Une infraction au règlement municipal n’est pas criminelle ; c’est un peu l’équivalent d’une contravention de stationnement. Toutefois, une infraction au P-6 donne lieu à une contravention de 500 $ (637 $ avec les frais) pour une première offense dans le contexte d’une manifestation.

Le règlement P-6 interdit « de gêner le mouvement, la marche ou la présence des citoyens qui utilisent également le domaine public à cette occasion. » Comment peut-on prendre la rue sans gêner la circulation routière ou piétonnière ? De plus le P-6 ordonne non seulement de communiquer notre itinéraire, mais suppose de demander l’approbation de notre trajet à la police. Cela équivaut à donner à la police le pouvoir arbitraire de refuser notre trajet si celui-ci est jugé potentiellement trop perturbateur et ainsi d’empêcher notre passage devant un lieu choisit comme « cible » politique.

Nous refusons de négocier avec la police notre liberté d’expression, notre droit de manifester et notre droit de perturber l’ordre social, politique et économique en place, que nous considérons profondément injuste et illégitime.

Une partie de la responsabilité de répondre à cette répression nous incombe, en tant que mouvements populaires et organisations communautaires autonomes. Il n’existe aucune obligation de fournir à la police un itinéraire et le SPVM en particulier, qui abuse impunément de son autorité, ne mérite aucune collaboration de notre part. Au contraire, nous devons nous responsabiliser les unEs vis-à-vis les autres, et vis-à-vis les mouvements sociaux auxquels nous appartenons. Nous avons toujours eu et auront toujours le droit légitime de manifester spontanément, et ce, avec des itinéraires de notre choix, qui reflètent nos besoins et revendications.

Face à la répression policière, reprenons la rue, arméEs d’entraide et de solidarité. »

Ce message est endossé par :
– La Convergence les luttes anticapitalistes (CLAC)?
– Anarchopanda pour la gratuité scolaire
– Action Anti-Raciste / Anti-Racist Action (ARA)
– Apatrides anonymes
– Artivistic?
– Assemblée populaire et autonome de Hochelaga-Maisonneuve (APAQ-Hochelaga)?
– Assemblée populaire et autonome de Villeray (APAQ-Villeray)?
– Association pour la liberté d’éxpression (ALÉ)?
– Coalition Justice pour les victimes de bavures policières?
– Collectif de solidarité anti-coloniale / Anti-Colonial Solidarity Collective
– CKUT Steering Committee
– Dignidad Migrante
– Les Frères et Soeurs d’Émile-Nelligan
– Front d’action populaire pour le réaménagement urbain (FRAPRU)
– Justice climatique Montréal / Climate Justice Montreal?
– Maille à Part
– Montréal-Nord Républik
– Mouvement Action-Chômage de Montréal (MAC)?
– Organisation populaire des droits sociaux de la région de Montréal (OPDS-RM)
– Parti communiste révolutionnaire (PCR)
– People’s Potato at Concordia?
– Personne n’est illégal / No One Is Illegal-Montréal
– Projet Accompagement Solidarité Colombie (PASC)?
– La Pointe Libertaire
– QPIRG Concordia
– QPIRG McGill
– RadLaw McGill?
– R.A.S.H. Montréal?
– Réseau de la Commission populaire / People’s Commission Network?
– Société Bolivarienne du Québec
– Solidarité sans frontières
– Stella
– Student Print Association at Concordia
– Tadamon?
– Union communiste libertaire (UCL)

(Si votre groupe endosse aussi cette déclaration, veuillez communiquer avec nous à l’adresse suivante : info@clac-montreal.net)

RAPPEL : IL EST FACILE DE CONTESTER UNE OFFENSE AU P-6.
Assurez-vous de plaider « non-coupable » sur la contravention et de demander la « divulgation complète de la preuve », puis de la poster à la Cour municipale de la ville de Montréal dans un délai de 30 jours suivant l’événement. La constitutionnalité de cette loi municipale sera contestée, tout comme les multiples contraventions l’ont aussi été en masse. Ainsi, personne ne devrait s’attendre à devoir payer cette amende dans de brefs délais, si tant est qu’il faille même la payer un jour.

Source : CLAC