Spéculation financière: L’urgence de taxer – La CSN demande au gouvernement Harper de se rallier

MONTRÉAL, le 18 mai /CNW Telbec/ – Les dirigeants des principales économies mondiales se réuniront lors du G20 de Toronto, du 25 au 27 juin, pour se prononcer sur un rapport du Fonds monétaire international (FMI) concernant l’adoption d’une taxe sur les transactions financières et sur les institutions bancaires. « Devenue nécessaire pour endiguer les requins de la finance, l’instauration de ces taxes est urgente dans un contexte où la reprise est rapidement fragilisée par la spéculation financière », de constater la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau. L’exemple scandaleux de la Grèce où des spéculateurs se sont acharnés à parier sur les défauts de paiement du pays et le sinistre comportement de la banque américaine d’affaires, Golden Sachs, dans les origines de la crise financière démontrent l’urgence d’une réglementation forte et capable de ramener l’économie réelle sur ses deux jambes.

« Le combat contre la spéculation rencontre des résistances particulièrement dans le secteur des banques et celui des milieux d’affaires qui s’appuient principalement sur le lobbying pour infléchir la volonté de certains chefs d’État de réguler davantage ce fléau », affirme la dirigeante syndicale.

Selon la CSN, le Canada et son gouvernement conservateur affichent un bien triste bilan en la matière. En effet, Stephen Harper et son équipe font campagne contre la taxe sur les institutions bancaires sous prétexte que les banques canadiennes sont de très bonnes élèves et qu’elles n’ont pas contribué à la crise actuelle. « Le premier ministre du Canada omet cependant de nous dire que cette bonne conduite est le fruit d’une réglementation qui civilise notre secteur financier. « Dans un tel débat, on ne peut faire l’autruche et faire abstraction de la situation mondiale », de poursuivre la présidente de la CSN.

La taxe sur les transactions financières spéculatives contre laquelle le gouvernement Harper fait également campagne constitue un autre moyen de générer des recettes qui serviraient à financer les coûts de la relance économique. Elle contribuerait du même coup à freiner les flux massifs de capitaux spéculatifs qui ont joué un rôle déterminant dans la crise économique et financière et son extension à l’échelon planétaire.

De nombreuses personnalités politiques se sont prononcées en faveur de la taxation des transactions financières, dont le président français M. Sarkozy et la chancelière allemande Mme Merkel. Le président des États-Unis a lui aussi indiqué la nécessité d’une « commission de stabilité financière à imposer au secteur des services financiers afin que Wall Street paye l’addition – pas le contribuable américain ».

En tant qu’hôte du sommet de G20, Stephen Harper qui a invité les leaders du G20 à s’attaquer à leurs déficits tout en continuant de mettre en œuvre leurs plans de stimulation économique, devrait cesser de saper les efforts qui sont faits et se rallier. La CSN interpelle également le gouvernement du Québec pour qu’il fasse des pressions auprès des autres gouvernements pour l’instauration de taxes sur les transactions financières spéculatives et les institutions bancaires.

La Confédération syndicale internationale (CSI), dont fait partie la CSN, mène actuellement une campagne pour amener les États à adopter de tels mécanismes.

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