Un budget qui répond davantage à l’agenda des lucides qu’aux valeurs des Québécoises et des Québécois

QUÉBEC, le 30 mars /CNW Telbec/ – Le budget dévoilé par le ministre des Finances, Raymond Bachand, constitue une véritable « révolution » qui va dans le mauvais sens, celui des lucides. Réagissant aux hausses de tarifs tous azimuts, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, estime que le choix du gouvernement aura pour effet d’appauvrir la classe moyenne.

« Au lieu de mettre en œuvre des mesures progressives fidèles aux valeurs et aux choix de société des Québécoises et des Québécois, la classe moyenne passe à la caisse. Loin d’un « parti pris pour le bien commun », c’est la majorité des contribuables qui risque de crouler sous des mesures hautement régressives, comme la hausse de tarif du bloc patrimonial d’électricité, l’introduction d’une contribution santé et d’un ticket modérateur et l’augmentation des droits de scolarité universitaire. C’est un lourd prix à payer pour le refus entêté du gouvernement à revoir la progressivité du système fiscal. Ce ne sont pas les 174 $ en moyenne que recevront les ménages moins nantis en crédit supplémentaire d’impôt qui feront une différence dans leurs poches. Ce budget constitue une brutale remise en cause de nos valeurs », de dénoncer Claudette Carbonneau.

Des compressions catastrophiques

Pour la CSN, il est faux d’affirmer que 60 % des efforts viennent du gouvernement puisque ce sont les services à la population qui vont être diminués. Le budget consacre une réduction considérable de l’État avec des compressions massives de dépenses qui vont au-delà du 3,2 % annoncé dans le dernier budget et une politique de non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux, qui touche le personnel administratif des secteurs de la santé et des services sociaux et de l’éducation. « Tout cela alors qu’on fait appel de plus en plus aux personnels des agences privées, aux sous-traitants et aux PPP qui coûtent les yeux de la tête ! », critique la dirigeante syndicale.

Sans débat public, le gouvernement adopte les propositions du rapport Castonguay qui prône un système de santé à deux vitesses avec l’introduction d’un ticket modérateur déjà évalué à hauteur de plus d’un demi-milliard pour 2013-2014. « Il ne faut pas sous-estimer ce virage, qui ouvre grand la porte à la privatisation du système de santé et aux assurances duplicatives, à l’heure même où les États-Unis cherchent à se sortir de ce bourbier ! », de lancer la présidente de la CSN.

La hausse des tarifs du bloc patrimonial d’électricité qui sera assumée par la population québécoise est entièrement consacrée à la réduction de la dette. Il s’agit également d’un changement de cap majeur, alors que ce sont les revenus d’exportation d’Hydro-Québec qui devaient alimenter le Fonds des générations. « On transfère le poids de la dette sur les contribuables qui vont voir leur tarif augmenter d’un cent le kilowattheure entre 2014 et 2018, et ce, contrairement à ce que prévoyait la loi instituant le Fonds des générations. La CSN demande un débat public large qui devrait tenir compte de l’impact d’une augmentation de tarif selon les catégories d’utilisateurs sur la consommation et les économies d’énergie et sur les exportations ; la nécessité d’assurer un financement de la recherche et du développement en matière d’énergies alternatives pour assurer l’autonomie énergétique du Québec.

« En choisissant la réduction de la dette tout en charcutant les programmes sociaux et les services publics, nous laissons un bien piètre héritage aux générations futures. Bref, on impose, encore une fois, la vision néolibérale des lucides », de constater Claudette Carbonneau.

Exit la société civile

Le gouvernement procède au rétrécissement de la démocratie en abolissant plusieurs structures de consultation de la société civile. On sabre dans une trentaine d’organismes consultatifs autonomes ou paritaires dédiés aux aîné-es, à la famille, aux relations interculturelles, à la jeunesse, au travail et à la main-d’œuvre, rayant ainsi de la carte la participation associative et citoyenne pour ramener leurs travaux sous l’égide des ministères. Des organismes déterminants comme la Commission de l’équité salariale ou le Conseil des services essentiels sont transférés à la Commission des droits de la personne et à la Commission des relations du travail, ce qui risque d’avoir de graves conséquences. À l’heure où l’on réduit les structures de consultation, on crée une commission sur la participation au marché du travail qui n’a rien à voir avec une véritable structure participative.

Pour ce qui est de l’augmentation des droits de scolarité, le gouvernement place ses partenaires devant une situation de fait et les convie à une consultation où seules les modalités de la hausse seront discutées. « J’en appelle à un débat de plus ample envergure sur la question de l’éducation, qui avait pourtant été identifiée comme étant la première priorité à l’occasion du forum de Lévis », de poursuivre Claudette Carbonneau.

Le Québec dans 20 ans

La CSN note un certain suivi des orientations définies à la rencontre de Lévis comme l’électrification des transports, un budget, quoique modeste, pour la relance de Montréal et un pouvoir de taxation accru pour développer son transport collectif. Le budget se préoccupe peu de l’économie de proximité. La CSN craint également que les sommes provenant de l’écotaxe sur le carburant soient consacrées davantage au développement des infrastructures, au détriment d’une économie verte et de l’amélioration des transports collectifs.

La Confédération des syndicats nationaux est composée de 2100 syndicats qui regroupent plus de 300 000 membres.

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