Une délégation syndicale internationale, dont la CSN, rencontre le premier ministre Harper en prévision des sommets du G8 et du G20

MONTRÉAL, le 18 juin /CNW Telbec/ – La présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Claudette Carbonneau, presse le premier ministre Harper d’éviter de faire dérailler l’ordre du jour du sommet du G20 qui se tient à la fin du mois à Toronto. Madame Carbonneau accompagnera cet après-midi une délégation comprenant des membres de la Confédération syndicale internationale (CSI), de la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE (TUAC), des Global Unions et du Congrès du travail du Canada (CTC), à une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper. Une déclaration syndicale internationale adoptée en prévision des sommets du G8 et du G20 sera déposée.

« Avec les reculs canadiens des dernières semaines sur le programme international de santé des femmes, l’environnement, la taxe sur les banques et les transactions financières, le G20 s’annonce être une coquille complètement vide alors que des décisions cruciales sont en jeu », de dénoncer la dirigeante syndicale.

Les organisations syndicales internationales appellent notamment le premier ministre canadien et les dirigeants du G20 à poursuivre les mesures de relance axées sur l’emploi et la croissance tant qu’une reprise durable n’a pas lieu ; à faire cesser les attaques spéculatives sur les monnaies et adopter une fiscalité juste ; à réformer le système financier ; à garantir de véritables politiques liées aux changements climatiques assurant une transition juste et, finalement, à établir un nouveau paradigme de la gouvernance mondiale basé sur le plein emploi.

Pour une régulation financière

La CSN partage avec le mouvement syndical international l’urgence d’agir sur le terrain de la spéculation financière. « Le comportement irresponsable des institutions financières et le mouvement spéculatif honteux qui anime encore le parquet des bourses doivent faire l’objet d’une stricte réglementation. À cet égard, nous avons tout intérêt à resserrer les liens sur cette question, d’autant plus que le gouvernement canadien se fait le porte-étendard des États qui souhaitent le moins de réglementation possible, un peu comme si le monde de la finance n’était pas au centre de la crise que nous traversons », d’indiquer la leader syndicale.

Stephen Harper qui n’a pas su convaincre ses homologues européens, a finalement réussi à torpiller la mise en œuvre de la taxe bancaire, en allant chercher l’appui de pays émergents à la rencontre des ministres des Finances du G20 en Corée du Sud. « Le compromis tarabiscoté qui consiste à laisser aux pays qui le désirent le droit de mettre en place leur propre levée fiscale est impraticable. Les banques non taxées vont détenir un avantage concurrentiel qui risque d’entraîner des mouvements de capitaux. Dans une finance mondialisée comme la nôtre, on ne peut plus fonctionner tout seul ! », de marteler Claudette Carbonneau.

Et comme si ce n’était pas assez, le gouvernement canadien ignore complètement la taxe sur les transactions financières qui doit être également discutée lors du G20. Cette taxe, en plus de générer des recettes qui serviraient à financer les coûts de la relance économique, pourrait contribuer à freiner les flux massifs de capitaux spéculatifs qui ont joué un rôle déterminant dans la crise économique et financière et son extension à l’échelle planétaire.

Harper doit changer d’idée

La CSN invite le premier ministre, hôte du G20, à faire preuve d’ouverture. Dans une lettre commune envoyée au premier ministre Harper, le 14 juin dernier, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont clairement indiqué leurs attentes en matière de régulation financière, dont la création d’une taxe bancaire et d’une taxe sur les transactions financières.

Pour la décennie à venir, les pays de l’OCDE feront face à un besoin de financement qui pourrait atteindre 600 à 700 milliards de dollars par an pour soutenir la réduction des déficits budgétaires, les objectifs de développement du millénaire ainsi que les mesures liées aux changements climatiques. Une taxe de 0,05 % sur l’ensemble des transactions financières pourrait générer plus de 650 milliards de dollars par an.

« Au lieu d’opter pour des plans d’austérité intenables, les pays du G20 doivent prendre position en faveur d’une taxe sur les banques et les transactions financières », de conclure la dirigeante syndicale.

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) est la deuxième plus importante centrale syndicale québécoise. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs d’activité, tant privé que public. Elle est membre de la Confédération syndicale internationale (CSI).

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