Motion de blâme aux directions des départements de science politique et de droit : reprenez le processus normal d’embauche des auxiliaires d’enseignement !

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Motion de blâme aux départements de science politique et juridique
UNE QUESTION DE RESPECT!

La récente motion de blâme adoptée par le comité exécutif du SÉTUE le 15 février à l’endroit des directions départementales de science politique et de droit par rapport au gel de l’embauche des auxiliaires d’enseignements (ci-dessous) a provoqué une onde de choc. Les associations étudiantes AFESPED (Science politique et droit), AFÉA (Arts), AFESH (Sciences humaines), AFELC (Langues et communications) et AESS (Sciences) ont également adoptées des résolutions similaires et d’appui au SÉTUE. Le Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQAM (SCCUQ) a également adopté une motion d’appui au SÉTUE.

Retour dans le temps
Dès le début de la session, nous avons reçu plusieurs appels de membres qui s’inquiétaient de rumeurs voulant que les directions départementales fussent sur le point de suspendre le processus normal d’embauche d’auxiliaires d’enseignement en cas de grève étudiante. Des étudiant-es rapportaient que certains départements préféraient ne pas faire signer de contrats en prévision de la grève étudiante. D’autres se faisaient proposer des demi-contrats. Grâce au travail de nos délégué-es et aux rapports de plusieurs membres, nous avons finalement eu la confirmation que les départements de science politique et droit gelaient l’embauche des auxiliaires d’enseignements le temps de la grève étudiante, même lorsque les postes étaient dûment affichés.

Disponibilité à l’emploi et promesses d’embauche
Dès les premières rumeurs de grève étudiante, le directeur des relations professionnelles de l’université, Marc-André Vigeant, a communiqué avec le SÉTUE pour nous rappeler, avec insistance, les dispositions du Code du travail voulant que des syndiqué-es ne peuvent faire la grève à moins d’être en période de négociation collective. Nous avions déjà rappelé ces directives à nos membres, à l’effet que toutes et tous devaient se présenter au travail. Dès le départ, il était clair pour nous comme, pour la direction de l’UQAM, qu’à titre d’employé-es, les étudiant-es employé-es étaient disponibles à l’emploi pour la session d’hiver. Notons également que plusieurs étudiant-es s’étaient fait promettre, verbalement ou par écrit, l’octroi d’un ou de plusieurs contrats d’auxiliaires d’enseignement pour la session d’hiver, grève ou non.

Ces informations ne semblent pas avoir été transmises aux départements fautifs, puisque le gel des embauches a reçu l’approbation du service des ressources humaines. Il faudrait savoir ce que l’administration veut. Les appels insistants du service des relations professionnelles appelant les étudiant-es employé-es à se conformer aux dispositions du Code du travail sont en totale contradiction avec les directives émises pour le gel des embauche. Nous appelons les administratrices et administrateurs de l’université à la cohérence : pourquoi insister sur la disponibilité à l’emploi, pourquoi promettre l’octroi de contrats mais geler les embauches?

Deux poids, deux mesures?
Il importe également de rappeler certains précédents. Lors de la grève des professeur-es de 2009, aucun gel d’embauche d’auxiliaires d’enseignement n’a été rapporté. Si les contrats étaient expirés lors de la reprise des cours, les prolongations ont été accordées pour la durée de la reprise. Rappelons que les paies sont versées même si les cours n’ont pas lieu, en vertu de la disponibilité à l’emploi (entre les dates de début et de fin du contrat). Les professeur-es, les chargé-es de cours et les employé-es de soutien continuent d’être rémunéré-es en temps de grève étudiante.

Pour expliquer le gel des embauches d’auxiliaires d’enseignement, certain-es évoquent le caractère prévisible de la grève étudiante. Pourtant, qui pouvait douter du caractère prévisible de la grève des professeur-es de 2009? Les contrats avaient pourtant bel et bien été signés en début de session à cette époque. Les chargé-es de cours avaient également signé leurs contrats au moment où tout indiquait une grève de la part des professeur-es, comme c’est le cas actuellement avec la grève étudiante.

Nous rappelons aux départements de science politique et droit ainsi qu’aux services des ressources humaines et des relations professionnelles que, malgré la confusion que peut susciter auprès de certaines personnes le fait qu’il y ait des étudiant-es qui soient aussi employé-es, la séparation des dossiers d’étudiant-e et d’employé-e est inscrite à l’article 5.02 des conventions collectives du SÉTUE.

Nous croyons plutôt que le gel actuel des embauches d’auxiliaires d’enseignement est politique, malgré qu’il soit présenté comme relevant de la « bonne gestion » afin d’éviter des coûts supplémentaires lors de la reprise des cours. On vise clairement à faire payer aux étudiant-es des départements en grève leur débrayage, malgré plusieurs promesses (dont certaines écrites) d’octroi de contrat et malgré l’affichage des postes.

Le fardeau de la preuve
En s’en prenant ainsi aux employé-es les plus précaires de l’université, les administrations départementales, les services des ressources humaines et des relations professionnelles pensent sans doute faire un bon coup et économiser des ressources financières, aussi maigres soient-elles. En nous renvoyant à nos vis-à-vis patronaux, ces deux départements se déresponsabilisent d’une situation dont ils sont pourtant à l’origine.

Contactez-nous si vous avez eu connaissance des mêmes évènements dans vos départements !

Motion de blâme:

Attendu que le SÉtuE n’est pas en grève, même s’il est solidaire de la grève étudiante;

Attendu que dans les départements de science politique et de science juridique le processus normal d’embauche des auxiliaires d’enseignement a été délibérément suspendu dès le début de la session en prévision du déclenchement de la grève étudiante contre la hausse des frais de scolarité (les contrats affichés n’ont pas tous été attribués, et d’autres ne l’ont été qu’en partie)

Attendu que ces décisions ont été prises dans le but d’éviter le précédent de la grève du SPUQ de 2009, à la suite de laquelle le SÉtuE avait obtenu la prolongation des contrats d’auxiliaires d’enseignement pour couvrir la prolongation de la session d’hiver 2009;

Attendu que le processus habituel de reprise des cours en cas de grève avec prolongation de la session inclut une renégociation des ententes d’évaluation et un nouveau processus d’embauche et d’attribution des contrats des auxiliaires d’enseignement; Et que par conséquent, advenant une prolongation de la session, l’UQAM devra débloquer les fonds suffisants aux départements pour les budgets d’auxiliaires d’enseignement;

Attendu que ces décisions, présentées comme étant des choix gestionnaires, sont en réalité clairement politiques et visent à limiter l’impact financier de la grève étudiante au détriment des étudiant-es employé-es;

Atttendu que les employé-es étudiant-es ont un statut d’emploi précaire et que la plupart vit bien en-deça du seuil de la pauvreté;

Attendu que ces décisions posent une pression financière supplémentaire sur les employé-es les plus vulnérables de l’UQAM;

Que le SÉtuE blâme les responsables de la décision de ralentir puis de suspendre le processus normal d’embauche des auxiliaires d’enseignement;
Que le SÉtuE exige le rétablissement du processus normal d’embauche des auxiliaires d’enseignement.  »

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